Licence police arabe : vos droits pour un logo, un site ou un livre
Licence police arabe : c’est le contrat livré avec le fichier, et non le site de téléchargement, qui dit si vous pouvez composer le logo de votre association, l’installer sur votre site ou imprimer des t-shirts à vendre. Nous avons lu les textes eux-mêmes (licence OFL, Apache, conditions de Microsoft et d’Apple, le contrat d’une fonderie et la FAQ d’un revendeur) pour répondre situation par situation. C’est une information, pas un conseil juridique : pour un enjeu important, le texte de la licence et un juriste font foi.
Libre, gratuite, « personal use » : trois mots, trois régimes
Le fichier d’une police est un logiciel. Sa licence encadre le fichier : l’installer, le copier, le convertir, l’intégrer à un site ou à une appli, le modifier, le revendre. Elle ne vise pas, en règle générale, le texte que vous composez avec : l’affiche, le PDF ou l’emballage restent votre création.
- Libre : vous recevez le droit d’utiliser, d’étudier, de modifier et de partager la police. C’est le cas des licences OFL, Apache et GPL avec exception police. Toutes permettent l’usage commercial.
- Gratuite : vous ne payez rien, mais les droits peuvent être très limités. Les polices livrées avec Windows sont gratuites pour vous, pas libres.
- « Free for personal use » : un usage privé, non commercial (maquettes et projets personnels).
Autre confusion fréquente : la mention de droit d’auteur n’est pas la licence. Dans la mention de droit d’auteur des métadonnées, le fichier de Droid Arabic Kufi porte « Digitized data copyright © 2010, Google Corporation » : c’est le nom du titulaire. Dans le champ licence, on lit « Licensed under the Apache License, Version 2.0 » : c’est ce que vous avez le droit de faire. Même un « All rights reserved » dans la première ligne (celle de Tajawal le porte) n’empêche pas une licence libre dans la seconde.
La licence OFL : ce qu’elle permet, et ses deux vraies limites
La SIL Open Font License 1.1 a été écrite pour les polices. C’est la licence de 92 des 109 familles de notre catalogue en octobre 2026, dont Amiri, le naskhi des livres, la famille Cairo et Tajawal. Elle autorise à utiliser, étudier, copier, intégrer, modifier, redistribuer, et même vendre la police modifiée ou non, à cinq conditions. Deux comptent vraiment pour vous.
Limite 1 : ne pas vendre la police seule
Vendre le fichier, même renommé, est interdit. Le vendre avec autre chose est permis : un modèle de faire-part, un thème WordPress, un jeu, une appli. Chaque copie doit alors garder la mention de droit d’auteur et le texte de la licence.
Limite 2 : le nom réservé
Certaines polices déclarent un ou plusieurs « noms de police réservés » (Reserved Font Name), juste après la mention de droit d’auteur. Si vous modifiez la police (ajout de lettres, retouche d’un tracé), votre version doit porter un autre nom. Exemples dans notre catalogue : Aref Ruqaa réserve « EURM10 », Lateef réserve « Lateef » et « SIL ». Amiri, Cairo et Tajawal n’en déclarent aucun. La FAQ officielle de l’OFL range aussi dans les modifications le sous-ensemble (ne garder que les lettres utilisées) d’une police web : avec un nom réservé, renommez votre fichier allégé ou servez l’original simplement compressé en WOFF2.
Le reste est permis. La même FAQ cite les logos parmi les usages prévus, autorise l’intégration complète ou partielle dans un PDF, et rappelle que les documents créés avec la police ne sont pas soumis à l’OFL. Aucune mention de l’auteur n’est exigée sur votre affiche. L’OFL permet aussi d’importer la police dans un éditeur en ligne, comme nous l’expliquons pour les polices arabes dans Canva.

Apache, GPL, AGPL : les autres licences libres
Apache 2.0, le cas des polices Droid
La licence Apache 2.0 vient du logiciel. Elle couvre Droid Arabic Kufi et Droid Arabic Naskh, dessinées par Pascal Zoghbi et diffusées par Google. En pratique, elle permet les mêmes usages que l’OFL, avec trois différences : elle n’interdit pas la vente de la police seule ; si vous redistribuez le fichier, vous joignez la licence, gardez les mentions et signalez vos modifications ; elle ne donne aucun droit sur les marques du titulaire.
GPL avec exception police
Plusieurs polices arabes, souvent anciennes, sont sous GPL. Sans précaution, un PDF qui intègre une police GPL pourrait être considéré comme couvert par la GPL. L’exception police publiée par la Free Software Foundation lève ce doute : le document n’est pas soumis à la GPL du seul fait de la police. Avec cette exception, nous acceptons la police ; sans elle, non.
Notre catalogue compte 15 familles dans ce cas : les dix du projet Arabeyes, comme AlBattar ; les trois de PakType ; FreeSerif et FreeMono, du projet GNU FreeFont. La GPL ajoute une obligation dès que vous transmettez le fichier de la police lui-même, dans une appli, un modèle vendu ou sur un site : vous devez aussi en fournir la source. Le plus simple est de la joindre : nos zips de ces familles la contiennent déjà, transmettez-les entiers.
AGPL et Creative Commons : nous ne les hébergeons pas
L’AGPL vise les logiciels sur serveur et ne contient pas d’exception police. Trois coufiques de manuscrit d’Alif Type (Raqq, Qashib, Atiq) sont publiés sous AGPL-3.0. Leur effet sur une page web ou un livre numérique qui les intègre n’est pas tranché : nous les citons, mais nous ne les proposons pas au téléchargement. Quant aux licences Creative Commons, l’organisme lui-même déconseille de les appliquer aux logiciels. Nous refusons toute police sous licence Creative Commons.
Et Google Fonts ?
La FAQ de Google Fonts répond oui à l’usage commercial, y compris dans un produit vendu et dans un logo. Chaque famille garde sa licence (le plus souvent OFL, parfois Apache ou Ubuntu Font Licence) : les règles ci-dessus s’appliquent dès que vous redistribuez les fichiers.
Polices de Windows et du Mac : ce que vous pouvez en faire
Traditional Arabic, Simplified Arabic ou Arial sont sur tous les PC sous Windows. Selon la FAQ de Microsoft sur la redistribution des polices (mise à jour de novembre 2024), vous pouvez :
- imprimer et vendre ce que vous imprimez : livre, affiche, t-shirt ;
- créer un logo et des images (visuel, mème, bannière) ;
- mettre des sous-titres dans une vidéo, s’ils sont rendus en image ;
- intégrer la police dans un document Word, PowerPoint ou PDF, selon l’indicateur d’intégration de chaque police.
Ces droits tombent si la licence de votre logiciel se limite à un usage domestique, étudiant ou non commercial. Vous ne pouvez pas copier ces polices sur un serveur web, les convertir en WOFF ou WOFF2, les mettre dans une appli ou un jeu, ni les modifier. La fiche Microsoft de Traditional Arabic attribue d’ailleurs ses droits à Monotype et la déclare fournie uniquement avec les produits Microsoft.
Côté Mac, Apple liste les polices arabes de macOS Tahoe (Geeza Pro, Baghdad, Damascus, Al Bayan, Diwan Thuluth…) dans sa liste des polices incluses. La licence de macOS Tahoe (article 2.E) permet de s’en servir pour afficher et imprimer du contenu, et de les intégrer à un document seulement si les restrictions de la police le permettent. Rien de plus : ni site, ni appli, ni redistribution, et rien d’explicite sur les logos. Pour un projet qui sortira de votre ordinateur, prenez une police libre.
Polices commerciales : ce que vous achetez vraiment
On n’achète pas une police, on achète une licence d’utilisation, découpée par usage. Nous ne citons pas de prix, ils changent. La structure, elle, est stable. La fonderie 29LT, spécialisée dans l’arabe et fondée par Pascal Zoghbi (le dessinateur des Droid arabes), publie ses contrats en entier. Ils prévoient, entre autres :
- Ordinateur : un nombre de postes, indiqué sur la facture. Si votre client a besoin de la police, il achète sa propre licence. L’imprimeur peut s’en servir pour le travail, puis doit l’effacer.
- Web : un nombre de pages vues par mois, pour un seul nom de domaine. Trois mois de dépassement d’affilée imposent une licence supplémentaire.
- Appli et EPUB : un nombre de titres (appli, jeu ou livre numérique).
- Diffusion : télévision, cinéma, diffusion en ligne.
- Entreprise : un forfait selon la taille. Le plus petit couvre 10 postes, 100 000 pages vues par mois et une appli ou un titre.
Le contrat « ordinateur » interdit aussi de convertir la police et de l’intégrer à un document modifiable par le destinataire. Remettez donc un PDF où la police est incorporée sans pouvoir être extraite ni modifiée, jamais le fichier de travail avec la police. La FAQ de MyFonts, grand revendeur, suit un découpage proche (avec, entre autres, une licence Server) et précise qu’un logo exige au minimum une licence « Desktop ».
Licence police arabe et usage commercial : cas par cas
| Votre projet | Police libre (OFL, Apache) | Police de Windows | Police commerciale | « Personal use » |
|---|---|---|---|---|
| Logo d’association ou d’entreprise | Oui | Oui | Licence ordinateur au minimum | Non |
| Prospectus de la fête de l’Aïd, affiche, menu | Oui | Oui | Licence ordinateur | Non |
| T-shirts, mugs, calligraphies vendus | Oui | Oui | Licence ordinateur, si le contrat ne restreint pas les produits vendus | Non |
| Site vitrine avec police hébergée chez vous | Oui | Non | Licence web (pages vues) | Non |
| Application mobile | Oui, licence jointe | Non | Licence appli (par titre) | Non |
| Livre autoédité, papier | Oui | Oui | Licence ordinateur | Non |
| Livre numérique (EPUB, PDF) | Oui | Selon l’indicateur d’intégration | Licence EPUB ou document numérique | Non |
| Vidéo YouTube monétisée | Oui | Oui, texte rendu en image | Selon contrat ; parfois licence diffusion | Non |
| Modèle vendu avec la police jointe (faire-part, gabarit) | Oui, police jointe avec sa licence | Non | Non, sauf licence spéciale | Non |
Dans la colonne « Personal use », « Non » s’entend sauf autorisation écrite de l’auteur. Mac : afficher et imprimer seulement (voir plus haut). Nos polices pour logos et identité visuelle séparent les polices libres des polices commerciales. Pour un site, gardez le fichier de licence dans le dossier des polices, à côté des WOFF2 ; notre guide pour héberger une police arabe sur votre site détaille la mise en place.
Polices piratées et « personal use » : le vrai risque
Les sites de téléchargement, arabes comme francophones, mélangent trois choses :
- Des polices commerciales recopiées, parfois renommées, « offertes » ou « partagées ». C’est celui qui publie le logo, le site ou le livre qui s’expose, pas seulement le site qui a diffusé le fichier. La fonderie peut réclamer la licence manquante, le retrait du support, voire des dommages et intérêts.
- Des polices « free for personal use ». Un logo de client, une boutique en ligne, une publicité ou une vidéo monétisée ne sont pas un usage personnel.
- Des fichiers sans licence. Un zip qui ne contient qu’un TTF n’est pas une police libre : c’est une police dont vous ignorez les conditions.
Pour vos projets, appliquez la même règle : sans licence venue de la source officielle, pas d’usage pour un client. Toutes les polices de notre sélection de polices arabes libres et testées la respectent.
Vérifier une licence en cinq minutes
- Ouvrez le zip : cherchez
OFL.txt,LICENSE.txtouLICENSE. Chaque police téléchargeable sur notre site en contient un. - Lisez les premières lignes : titulaire des droits, nom réservé éventuel, nom de la licence.
- Remontez à la source : dépôt du dessinateur, fonderie ou Google Fonts. Si le site de téléchargement n’est ni l’un ni l’autre, comparez.
- Regardez la police installée : sur Windows, Paramètres › Personnalisation › Polices, puis cliquez sur la police pour voir son fabricant et son dessinateur. Sur Mac, le panneau d’informations du Livre des polices affiche les restrictions d’intégration.
- Rangez la licence avec les fichiers du projet, et remettez-la au client avec eux.
La licence n’est qu’un des critères. Notre méthode pour choisir une police arabe pour votre projet passe aussi par le style, la lisibilité, les voyelles et l’accord avec le latin.
Questions fréquentes
Faut-il citer le créateur de la police ?
Pas sur votre affiche ou votre logo : l’OFL ne l’exige pas, même si les auteurs l’apprécient. En revanche, quand vous transmettez le fichier lui-même (appli, modèle vendu, dossier d’un site), la mention de droit d’auteur et la licence l’accompagnent.
Puis-je déposer un logo composé avec une police libre ?
La licence ne l’interdit pas : l’OFL ne s’étend pas à ce que vous créez. Mais un dépôt protège votre signe, pas la police. N’importe qui peut utiliser Tajawal pour son propre nom. Si le logo doit être unique, vectorisez le texte et retouchez les lettres.
Une police issue d’une fonderie commerciale peut-elle être libre ?
Oui. Tajawal a été dessinée par Boutros Fonts, qui vend aussi des familles commerciales, et publiée sous OFL. La licence se lit dans le fichier, pas dans la réputation de l’éditeur.